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"Nous risquons de devoir déclarer l'état d'urgence car la situation a quasiment tourné à l'insurrection", a déclaré à l'agence Reuters un responsable proche du pouvoir. Le mot est aussi employé par Mamadou Bâ, porte-parole d'un groupe de 14 partis d'opposition qui évoque une "insurrection qui ne peut se terminer que par le départ de Lansana Conté".
Pour faire pression sur le pouvoir, l'intersyndicale a maintenu pour lundi son appel à la grève générale, après la nomination d'Eugène Camara. "Nous avons demandé un premier ministre propre. A la place de cela, on nous a appellé un vieux de la vieille et, qui plus est, trop proche du pouvoir", déplore Louis Mbemba Soumah, secrétaire général du SNECG, un syndicat d'enseignants. "Les syndicalistes demandent la démission pure et simple du nouveau premier ministre pour le bien de la Guinée", a indiqué le porte-parole des syndicalistes, Alpha Barry.
La nomination d'un premier ministre de consensus aux pouvoirs élargis fait suite à un accord signé fin janvier entre les syndicats et la présidence pour mettre fin à une grève générale de 18 jours qui s'était soldée par la mort d'au moins 59 manifestants. Des militants des droits de l'homme évoquent eux une centaine de morts. Cette grève générale avait notamment paralysée la filière de la bauxite, principale source de richesse du pays.